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jeudi 22 février 2018

Le meurtre de Maëlys. Décryptage initiatique d'un crime.

Le meurtre de Maëlys. Un crime satanique.

« il suffit que le Rapprochement ait été opéré, pour qu'aussitôt le Serpent se dresse. »p. 230 vol II

Par respect du Droit, je prie les lecteurs d'ajouter par eux-mêmes l'expression « présumé innocent » chaque fois que cela serait nécessaire. J'ai utilisé à cette fin l'abréviation « p. i. ».

Notre sommes tous sidérés par l'effroyable meurtre de la petite Maëlys. J'ai évoqué le sujet dans un article précédent, mais sous le coup de l'émotion, je ne suis pas allé au bout de ma pensée. J'ai hésité, parce que la douleur que provoque un tel drame ne peut faire l'objet d'aucun commentaire. En effet, je crois à la force silencieuse de la compassion partagée. Je veux également éviter de donner relief à son tueur (p.i.) et je me refuse à jamais écrire son nom tant j'estime qu'il s'est retiré, par son acte, de la communauté des humains.


Être lucides face à l'acte commis.
Reste l'attitude que le présumé affiche, ses aveux, soigneusement calculés et dosés. Il est nécessaire, non pas de juger — un tribunal le fera — mais d'être lucides face à l'acte commis, face à celui (p. i.) qui l'a perpétré et ses manigances riches d'inventions.
Les psychologues ont fait un portrait. Ils disposent certes d'une méthodologie expérimentale pour décoder les comportements. Mais ne restent-ils pas démunis face à ce genre d'énergumènes dont l'intelligence déjoue leurs spéculations ? J'observe que même les spécialistes en criminologie paraissent désemparés dans cette affaire, du moins ceux que j'ai entendus s'exprimer sur le sujet, tant leur science, dépourvue de grille de lecture assez fiable, semble incertaine au regard de l'ontologie criminelle. Psychiatres, psychanalystes se sont succédé sur les ondes exprimant leurs opinions, toutes respectables, mais souvent désorientées, confrontées qu'elles sont là, à une puissance mentale résistant à ce qu'ils ont pu expérimenter au cours de leurs carrières : le rationalisme en effet a une immense difficulté à reconnaître qu'une entité puisse défier ses catégories. Sans vouloir minimiser leur science, fort utile pour comprendre les actions et réaction humaines, ce que certains professionnels ont qualifié assez légèrement de « perversion narcissique » me semble répondre plus d'une impuissance de leur expertise que d'un véritable diagnostic. Les descriptions psychologisantes aussi savantes soient-elles sous des dénominations somptueuses délivrent-elles l'identité de l'énergie en œuvre dans ces individus ? Les qualifier de pervers les amuse, les assortir de narcissisme les flatte. Associer les deux les fait exulter.

Qui est le tueur de Maëlys ?
J'ai eu le privilège d'avoir été formé par la kabbaliste Dominique Aubier, et l'une des choses qu'elle m'a enseignée, c'est que pour aborder la Connaissance, il fallait s'extraire d'une certaine naïveté et savoir que les forces du mal existent
« L'ignorance du mal est une carence de notre culture » écrit-elle dans un livre où elle a démontré l'emprise satanique du nazisme.
Les forces du mal existent en tant que tel, et sont portées par certains êtres qui leur sont dévouées. Elles viennent habiter certains individus qui les accueillent avec joie et s'en portent, pour leur plus grand plaisir, les exécuteurs. Il n'est que notre candeur rationaliste pour croire en la « psychologisation » de ces énergumènes qui exploitent fort bien notre étonnante croyance en des schémas socioculturels, historiques ou familiaux prétendument responsables de leur comportement. Cette crédulité de la pensée rationaliste, typiquement occidentale à l'endroit du Mal, serait acceptable si elle n'aboutissait à justifier, excuser leurs actes, faisant des tueurs les victimes d'une société produisant, selon eux, parmi ses excès et déchets, des êtres comme eux. Pauvreté, illettrisme, misère sociale, chômage seraient alors responsables de la criminalité, nous disent les brillances naïves de l'érudition conventionnelle. 

Qui est il ?
Son État Civil m'importe peu.
Son passé m'est indifférent. — Et que l'on cesse de le désigner comme « l'ancien militaire ». C'est blesser tous ceux qui ont été militaires que d'établir un lien analogique entre le tueur-avoué (p. i.) et eux.
Je ne sais rien de sa condition sociale et ne désire pas la connaître, refusant d'entrer dans ce jeu où l'on cherche à cerner la personnalité de l'assassin (p. i.) par les prétendues conjectures psychologiques qui l'auraient potentiellement conduit un jour à « devenir hélas le malheureux tueur (p. i.) d'une victime… aussi innocente que lui ». J'entends déjà ce raisonnement que la Défense garde sous le coude. Et il se trouvera un expert puissamment diplômé pour soutenir cette thèse. Eh bien je rejette ce raisonnement en ce qu'il n'est qu'une fantaisie cherchant à embrouiller les esprits afin de cacher la véritable identité du « présumé innocent ».

Dans le meurtre de Maëlys, qui est à l'œuvre ?
Je suis très sérieux en posant cette question : qui est à la manœuvre dans cette affaire. Qui ? La Tradition connaît ses modalités de pensée, ses rituels, ses vices. La Tradition en a expérimenté la puissance, l'intelligence, la perversion et en a décrit les ressources. L'entité animant ces misérables porte un nom. Compte tenu du crime commis, du comportement de son auteur (innocent présumé), de ses paroles, de ses modalités de pensée, nous aurons tôt fait de repérer qui, à travers ces typifications, agit. Puis-je le dire ? C'est SATAN. Lui aussi, bien sûr, innocent présumé.
Ayant dit cela, j'entends les ricanements de ceux qui croient qu' « il n'existe que des faiblesses humaines plus ou moins graves ». Il n'y aurait, selon eux,  « ni bien ni mal, mais juste des nuances de gris entre les deux » et dont il faudrait s'accommoder. Ce sont là d'immenses sottises d'esprits inconséquents n'ayant pas été confrontés à la réalité de ce sur quoi ils se permettent d'opiner. Leur point de vue est d'une indigence navrante, défiant la longue expérience que l'humanité a faite du mal, au cours des siècles. Le Mal, avec une majuscule, il existe. Autant s'en instruire afin de l'identifier, le reconnaître. Le démasquer. Si possible en venir à bout.

Satan, vous n'y croyez pas ? 
C'est votre liberté. Les Évangiles lui consacrent plus d'une page, Jésus lui-même l'aurait rencontré à trois reprises. « Les gens ne croient pas au mal. Même quand il les étrangle », écrit le grand écrivain allemand Goethe qui a parfaitement cerné la problématique dans Faust. Relisant son œuvre, on s'aperçoit que l'une des astuces de Satan consiste précisément à dérouter nos esprits de sorte que l'on ne croit pas en son existence, ce qui lui permet d'augmenter en puissance, au vu et au su de tous, sans se dissimuler, s'affichant de plus en plus,  jusqu'à ce qu'un éclair de lucidité nous amène soudain à nous dire, mais trop tard : « c'était donc Toi ? »
Selon ce que j'ai appris par Goethe, Satan est l'acteur du mal absolu, mais il ne peut agir par lui-même : il a besoin d'un bras humain pour perpétrer son projet, besoin d'un exécuteur accomplissant le forfait ; il lui faut devenir homme au motif d'un contrat passé avec lui. Satan et l'homme devenant alors indissociables, unis par un pacte monstrueux. Mais que ce soit clair, et Goethe le souligne : l'homme signataire du pacte satanique n'est pas victime, car c'est librement et en toute conscience qu'il en paraphe le parchemin. La responsabilité de l'individu est totale et il ne faudrait pas conclure, par l'existence de Satan, que le meurtrier ait été en quelque sorte conditionné par quelque engrammation lointaine dont il répéterait, à son insu, la gravité.

Les stratégies sataniques sont nombreuses. L'une de ses manigances, outre le meurtre, consiste à augmenter de la douleur qu'il inflige à la victime et aux proches par toutes sortes de procédés se rajoutant à l'acte même. Il n'est pas « juste » le tueur occasionnel (p. i.) d'une enfant. Ce serait se contenter de trop peu. Satan veut plus. Toujours plus de plaisir, jouissance qu'il s'accorde également sur le dos de la collectivité, de la société dont il sait combien elle est démunie de tout outil de compréhension qui permettrait de le démasquer. Cet agissement secret, — le mot « pervers » consacré par les professionnels est bien trop faible pour en décrire l'extraordinaire corruption — est au cœur de son avilissement. Dès lors lui conférer un « portrait psychologique » peut sembler intéressant pour la biographie, à ceci près que Satan ne fait qu'une bouchée de tous les experts venant l'interroger, en ce qu'il domine leur science, étant mieux instruit qu'eux, par une inspiration non livresque mais ontologique : autrement dit, c'est le Mal lui même qui est son instructeur et guide. Il n'entre dans aucune des catégories pré-établies par l'Université, ou au contraire, il les remplit toutes, s'amusant une nouvelle fois de l'étroitesse des grilles de classification qui prétendent l' « expliquer ».

Satan est hors norme.
Dès lors la « normalité » de l'entendement ne le cerne pas. Il appartient à un autre « registre » que celui du « mal ordinaire ». Pour appréhender son « registre » il faut nous départir de notre mode de raisonnement causal fondé sur les « sciences cognitives » : en effet, Satan est un fin connaisseur de ces sciences-mêmes qui prétendraient le déjouer. Ainsi, l'interprétation neuro / psycho / génético / logique… devient l'instrument même de Satan en ce qu'il se réfugie derrière cette vanité que nous aurions de vouloir le « guérir ». Satan s'amuse de notre crédulité — et c'est la maladie de notre siècle —  quand nous estimons que seule l'exégèse scientifique serait authentique et recevable face au mal auquel la science justement ne croit pas : Satan nous invite à croire au diagnostic rationnel de sa prétendue maladie, précisément afin d'échapper une fois de plus à son identification réelle.

La mise en scène démoniaque.
Acte premier, Satan fomente, prépare son forfait. Il n'est pas simplement opportuniste. Il est certes toujours aux aguets : « le diable ne dort jamais », c'est bien connu. Mais il est surtout calculateur, planificateur. Et longtemps à l'avance, il se raconte le plan qu'il prépare, détermine le calendrier de son projet et aime le récit qu'il s'en fait : première jubilation.
Acte 2 : c'est le passage à l'acte, et c'est une nouvelle jouissance lorsque la perversion lui réussit : il (p.i.)  a choisi, pour frapper son coup, un jour de mariage, union sacrée de deux personnes décidées de lier leurs vies. Il parvient à se faire inviter à ce mariage. Ce jour là, célébration d'union, promesse de vie, il choisit de porter la mort. La satisfaction qu'il en a tirée, outre l'acte même d'assassiner, a dû être intense. Nos âmes normalement équilibrées ont du mal à imaginer la possibilité d'une telle dépravation.
Acte 3 : il se retire, demeure silencieux, observe le malheur qu'il a provoqué, retourne au mariage et se réjouit du spectacle de la détresse d'autrui. Nouveau contentement. Dissimulation, maquillage de la voiture dont la mise en vente était, elle aussi, prévue de longue date.
Acte 4 : plus ou moins suspect, l'exercice en devient plus intellectuel, confronté qu'il est à des interrogatoires. Sûr de dominer ce qu'il considère comme un jeu, il s'amuse de la justice, se moque des policiers. Défie les juges de ne jamais le coincer, allant même demander sa remise en liberté. 
Au fond, le vrai désir de Satan, outre le plaisir qu'il éprouve à tuer, c'est paradoxalement… de se faire prendre, afin que son acte soit connu, qu'on le lui attribue et qu'il puisse démonter sa supériorité à tous.
A l'acte 5, mis en difficulté par la science, il avoue son forfait, comme si ses aveux étaient encore nécessaires… Ses aveux méritent un commentaire : ils interviennent après que la science ait démontré sa culpabilité. Ils ne servent donc plus de rien. Si ce n'est qu'il montre par là combien il reste le maître du jeu ayant réservé ses aveux en lieu, date et place que lui seul décide. C'est en effet lui qui a convoqué le juge pour étaler son aveu, c'est lui qui a imposé à la justice le calendrier de son programme.
Ses aveux n'ont émergé qu'une fois que la science a parlé : acculé, il veut immédiatement reprendre la main, cherchant à diminuer la pertinence de la vérité objective, amoindrir ainsi le poids de la preuve en théâtralisant la séance de sa pseudo-rédemption. Nous faire croire, en « avouant », qu'il lui resterait une molécule d'humanité… tout en dosant très subtilement le poids de chaque mot composant ces « aveux »… La science, en effet, a prouvé la présence de la victime dans le coffre de sa voiture mais le raisonnement scientifique, fondé sur l'objectivité rationnelle de l'observation ne peut évidemment pas visionner la scène du crime et en produire le film. Jouant sur cette faiblesse, et en tirant même les avantages, il avoue et pose simultanément la théorie de l' « accident » faisant de lui l'innocent que nous sommes obligés de présumer.

On se souviendra du Tartuffe de Molière, exultant à la joie de s'avouer coupable de ses perversités. Aveux prévus, dans des termes choisis et pesés. Car Satan a besoin d'être reconnu, d'être vu : raison pour laquelle il revendique son acte tout en se laissant des possibilités d'échappatoire. Chez Satan, l'aveu n'est point regret. Bien au contraire, c'est pour lui une occasion nouvelle de pavoiser dans l'affirmation orgueilleuse de ce qu'il considère comme une performance. Il tire à lui les projecteurs médiatiques, affiche même une mine désolée, présente des excuses à sa victime et sa famille : nouveau maléfice que rechercher la rédemption quand il ne s'agit que de la sordide satisfaction simulée dans une mise en scène configurée dans son esprit, et de longue date, depuis l'acte 1.

Il est difficile de deviner ce que Satan mijote dans les dédales obscurs de sa pensée. La première difficulté, pour nous, est de nous libérer du « narcotique de la naïveté intellectuelle face au Mal » (l'expression est de F. Nietzsche). Il est donc quasi certain que dans un acte 6 à venir, il déroulera la suite d'une machination dont il écrit les rouages dans le secret d'une pensée avec laquelle il couche seul : c'était un « accident » a-t-il prévenu. Je le vois venir, dans le non-dit de ce qu'il nous prie de penser à sa place : c'est un accident et… c'est tout juste si la victime n'était pas elle-même responsable de sa propre mort prétendument « accidentelle ». Et donc c'est lui, le tueur (p. i.) qui serait injustement accusé. Et il pense cela, parce qu'il sait qu'il trouvera, dans l'opinion, telle âme compatissante, compréhensive, admettant qu'après tout, « il est un homme comme les autres » et que certes « il n'y a pas de bien ou de mal, mais justes des nuances entre le bien et le mal. » 
Ne sont-ce pas là ces « naïvetés thérapeutiques », ajoutant à l'euphorie de Satan qui tire de ces innocences une force inouïe : il en tire le sentiment d'une victoire sur la vérité, chaque fois que l'un de ses stratagèmes réussit. Ainsi, il ne manquera pas de simuler telle faiblesse — demander son hospitalisation pour « dépression », exiger qu'on le soigne, et qui sait, qu'on lui apporte des chocolats — au plus grand mépris des parents de la victime qui sont, eux, dans la souffrance totale.
Feindre une faiblesse — avec talent —, est-ce une nouvelle manœuvre destinée à nous faire croire chez lui en une possible fragilité humaine ? Qui peut se laisser prendre à telle duperie dont on voit bien ce qu'elle appelle : nous faire admettre qu'il serait, lui aussi, une victime alors qu'il est l'instigateur (p. i.) de la machination au sein de laquelle il tient le rôle principal… Nous faire croire qu'il serait encore un homme…

La pensée de Satan.
Il m'est difficile d'accepter la gentille mansuétude que son avocat ne manquera pas d'appeler à la rescousse, selon laquelle il serait « un homme comme vous et moi ». Nouveau stratagème qu'établir une relation « entre nous et lui » car cela revient justement, sur ce plan d'égalité, à faire de vous et moi l'égal du monstre (p.i.). Donc de nous rendre solidaire de sa déchéance, et qu'en conséquence, nous serions appelés à le sauver afin de nous sauver nous-même, étant, comme lui, des misérables.
Eh oui. La pensée de Satan va jusque-là, et bien plus loin encore. Et si j'en ai compris les mécanismes, c'est parce que mon Maître, initiée et ennemi du mal, m'a enseigné certaines choses sur la puissance du mal, sa force psychique, son extraordinaire propension à ne jamais renoncer à sa superbe. Ce sont des choses qu'aucune école, hélas, ne nous enseigne… Le Mal ne vit que pour cela : d'une part, être le mal, le perpétrer et le célébrer ; et d'autre part, détruire, briser, tuer la Vie. Tout en troublant nos vues et nos esprits de sorte que nous ne nous apercevions de rien.

Le voici sur scène, ce Satan auquel personne ne croira. C'est là qu'il veut paraître. Le crime commis (pardon : l' « accident ») n'est au fond pour lui que l'expédiant lui permettant de monter sur les planches du théâtre judiciaire. Il tue (p.i.)… afin d'être la vedette de son procès qui lui donnera l'occasion de jouer le grand rôle dont il prévoit les répliques, les épisodes, les ponctuations. Son défenseur « qui ne fait que son métier » a laissé entendre plus de choses qu'il ne dit réellement. 

Mon Maître, avec qui j'ai vécu pendant plusieurs années en Espagne, m'avait enseigné une grande leçon : nous habitions alors dans un village en Andalousie où personne n'exprimait jamais explicitement sa pensée, ni en bien, ni en mal. Si je voulais m'intégrer, me disait-elle, alors il me faudrait toujours écouter les niveaux de langage, restituer systématiquement le non-dit, attraper au vol l'allusion subtile. Cela s'appelle « cojer al vuelo » disait-elle. Même la pensée la plus positive, ou le plus beau compliment, rien ne se disait explicitement. Il fallait comprendre les métaphores, décoder les allusions, n'en rien dire et à l'occasion, renvoyer la balle en usant de la même technique. Tout le village communiquait sur ce mode. Ce fut un apprentissage difficile que pénétrer la pensée impliquée mais dissimulée, laissant toutefois percer suffisamment d'éléments de surface pour que l'on puisse sonder les eaux profondes de l'indicible. Cette école — pur pragmatisme social — me fut profitable à plus d'une occasion lorsque, revenant en France, je pus, grâce à mon Maître, parfaire ma formation en lecture de signes et décryptages de textes.
Dans le cas présent, j'ai remarqué la technique de l'Avocat. Dès avant le procès qui ne se tiendra que dans quelques années, il inocule dans l'esprit de l'opinion des idées dont il sait qu'elles porteront leur fruit le moment venu. Travail sur le Temps, sur la puissance qu'a le Verbe de créer la pensée, d'orienter l'opinion, de percer et s'imposer le moment venu.

Question : avez-vous déjà tenté de tirer jusqu'au bout les implications d'un raisonnement quand il n'expose que la première phrase d'une assertion qu'il plante dans l'esprit, en spéculant sur la capacité qu'a votre pensée de compléter le non-dit par un développement conditionné dans les termes initialement choisis ? Un peu compliqué ? Relisez cette phrase deux fois : avez-vous déjà tenté de…

C'est exactement ce que fait l'Avocat du tueur (p. i.). 
Et moi, ici, dans ce Blog, je veux d'emblée, immédiatement, détruire la prétention qu'il a jetée, selon laquelle cet individu serait « un homme comme vous et moi ».
Je veux m'interdire que ces quelques mots puissent, par leur propre puissance, croître en mon esprit jusqu'à ce que, pris par la niaiserie du « sentiment d'humanité partagée » j'admette leur validité et me range à la suite de l'argumentation déjà préparée. Homme de justice respectable, l'Avocat fait son métier… Mais n'est-il pas manipulé par celui qu'il défend et dont la puissance intellectuelle le domine ? Ayant pour client Satan (p. i.) en personne, il en deviendra le plus génial des Avocats, décuplant ses capacités imaginatives au delà de ce qu'il pourrait jamais concevoir par lui-même. Ses capacités de persuasion, de conviction se verront démultipliées par l'inspiration au service de laquelle il se met. Et dès maintenant, on entend ces surprenantes affirmations destinées à flécher l'argumentaire à venir au soutien du tueur-avoué (p. i.).

Alors, que penser de sa demande d'hospitalisation ? Encore une entaille portée dans le corps d'un enfant qu'il ne cesse de meurtrir, d'une vie qu'il ne cesse de dérober et de détruire ?
Dès maintenant, monsieur l'Avocat, je récuse l'autorité de cette idée fallacieuse selon laquelle l'assassin (p. i.) de Maëlys serait « un homme comme vous et moi ». Non, monsieur l'Avocat, votre Client n'est pas « un homme comme vous et moi ». En tout cas, pas comme moi. Et je ne suis pas comme lui et ne le serai jamais. Car je n'ai rien en partage avec lui, dès lors que par son (ses ?) actes (p. i.) il s'est lui-même séparé de l'humanité que j'aurais pu partager avec lui.

En hébreu, Satan c'est Schaitan
 שטן
 C'est le nom biblique de l'Adversaire. Qui est-il, que veut-il ?
Voici quelques précisions tirées de mes lectures :
 —  « Satan est d’abord une information. Trois lettres construisent son unité informationnelle. Schin, Teit et Noun. Le Schin symbolise le Verbe et ses étapes de dévoilement. Ici, dans le mot Satan, il est en initiale, pointé du côté gauche, non précédé d'Aleph ou de Yod. C'est donc un verbe n'acceptant rien avant lui, qui se pose en instructeur du cycle qu'il prétend gouverner de sa propre puissance. Il en crée le symbolisme (Teit) et en conditionne l'humanité (Noun). Pour comprendre la dynamique de la lettre Schin et ses deux formes, se reporter à ce livre, Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque
— « Dans la symbolique hébraïque, Satan, en sa forme active est appelé Samaël… Son envergure psychologique fait son génie… et le rationalisme n'y croit pas. »
—  « Il s’oppose au dynamisme normal de la vie. Il est donc par définition celui qui se met en travers. » Il est la volonté qui se retourne contre la Vie.
— « Satan déteste la vie, hait l’intelligence, sauf la sienne. » Mais un rien de méditation fondé sur l’Absolu l’anéantit.
— « Satan essaie de retenir l’énergie humaine, il veut empêcher la conscience de passer le pont… Il veut tout immobiliser… D'où son désir de tuer et mettre fin à toute évolution. Il ne craint qu’une chose : la vérité et le déplacement de l’énergie. La spécialité de Satan, c’est de détourner l'énergie à son profit. Il édifie son action sur ce capital de vie volée. »

A-t-il commis d'autres crimes ?
L'enquête le déterminera. Je n'ose publier ce que j'en pense, étant donné que je n'ai aucune preuve de quoi que ce soit. Et si je parle de « tueur » il faut bien évidemment faire suivre ce mot de toutes les modérations indispensables afin que soit préservée la présomption de l'innocence. Mais une chose est certaine, c'est que sa victime était innocente et que Satan (p.i.), n'est pas un débutant en matière de crime. Il est perfectionniste, appliqué, tout impliqué dans son projet. Semble même parfois animé d'une sorte de zèle tout particulier, afin que son forfait éclate au grand jour. Il trouve là l'opportunité de nous défier dans notre humanité. Vouloir faire de nous ses égaux, nous rabaisser à son niveau.

Le déni de sépulture.
J'ai été frappé — écœuré — d'apprendre que le tueur (involontaire selon lui), non content d'avoir mis fin aux jours de la fillette, a « déposé » son corps dans un ravin inaccessible de la montagne. Le mot « déposé » a été repris en boucle sur les ondes de France-Info. J'ignore qui est l'initiateur de ce terme, répété à l'infini dans les journaux radiophoniques en continu. Ce mot « déposé » — on dépose son obole ou sa plainte — pour désigner l'acte de l'agresseur (p. i.) se débarrassant du corps de sa victime m'a semblé particulièrement choisi… comme un doux euphémisme cachant une réalité autrement plus sordide.
Je n'ai entendu personne commenter cet acte-là. Il revêt pourtant un caractère très significatif quant à la volonté animant l'auteur de ce geste. Cela fait partie de son scénario dont l'intention s'écrit de plus en plus précisément. Je tiens à démasquer cette intention, la rendre publique, afin de neutraliser l'emprise qu'il a imposée à sa Victime, après la mort.
Car enfin, abandonnant le corps à la surface des pierres d'un ravin, en pleine nature, il a refusé à sa victime toute forme de sépulture humaine, la laissant en proie aux bêtes sauvages et à la décomposition à ciel ouvert. Cet acte de refus, décidé, prévu, calculé s'ajoute au meurtre. Une manière de tuer une seconde fois l'enfant à laquelle il dénie le droit à l'inhumation : a-t-il voulu par là enlever à Maëlys son appartenance à l'espèce humaine, réduire son corps à la dimension d'un objet méprisable ? L'humanité la plus primitive honorait ses morts, et c'est même par cet acte culturel, social, entouré de respect que l'humanité s'est extraite de l'obscurité pour devenir pleinement consciente de sa propre vie. Le présumé innocent n'a pas « déposé » le corps, comme l'ont gentiment dit les médias, mais abandonné. Lui refusant la sépulture — ne serait-ce qu'un sommaire monticule de pierre protégeant la dépouille — , ne s'est-il pas lui-même retiré de la Civilisation ? Ne s'est-il pas rangé du côté de la bestialité, la barbarie, le monde des Négateurs, des Monstres avec lesquels nous n'avons rien en partage ?
Comment vaincre Satan ?
Il s'agit en effet de l'empêcher de triompher. De supprimer ses pouvoirs, le démasquer jusque dans ses ultimes replis. D'abord, se mettre soi-même à l'abri, raison pour laquelle j'ai veillé à respecter le Droit et sa présomption d'innocence (p.i.).
Il faut dépouiller Satan de sa prérogative, de son pouvoir. 
J'ai donc veillé à lui retirer la possibilité de recourir à la Science, dont il accepterait volontiers les secours s'il elle venait, du haut de sa brillante technicité, trouver en lui quelque défaillance compréhensible par la prétendue « raison pure » de la philosophie. Satan étant lui-même docteur honoris causa de sa propre cause, il déjoue toute forme de raisonnement scientifique, le retournant en sa faveur, parvenant même à faire de la science son alliée en ce qu'elle démontrerait… quelque pseudo-pathologie existante ou qu'un savant épris de scientisme inventera tout spécialement pour l'occasion.
Ôter les pouvoirs au tueur (p.i.) revient à diminuer les forces sataniques tout entière. Pour cela, il faut agir. Comment ? D'abord avoir le courage de le nommer, afin de lui opposer les forces qu'il déteste. Or la seule manière de dominer Satan est de recourir à ce qu’il interdit : la Vie. Satan n’a qu’un seul ennemi : l’Absolu. C'est donc l'Absolu, la Vérité qui en viendront à bout. 
Le Zohar, grand livre de la Tradition hébraïque, dit que « la délivrance ne dépend que de l'anéantissement des âmes de la catégorie d'Amaleq ». Pour cela, mettre en œuvre toutes les forces d'Amour, véritable fondement du Monde.
Contre Satan, l'usurpateur, se dressent les puissances de la Vie.
Il est celui qui se prétend maître du monde, issu de l'Inversion qu'il voudrait édicter en origine. 

Ce sont donc les forces de l'Amour, puissamment réaffirmées, qui portent la jeune Victime vers sa victoire et qui anéantiront le Prince des Ténèbres.
Je souhaite que ce Blog y contribue.




mardi 13 février 2018

Black. Un film indien de Sanjay Leela Bhansali, construit sur les critères de la Connaissance. Remarquable.

Black. Film indien de Sanjai Leela Bhansali.
par Dominique Blumenstihl-Roth

La vague de froid a été intense. Ainsi que l'actualité, glacée. Je parle des effroyables révélations faites par le tueur (présumé) de la petite Maelys. Plusieurs personnes m'ont dit que je devrais y consacrer un blog. Je pense le faire et j'y travaille, mais c'est difficile, tant je suis sidéré par cette affaire.
Je réfléchis pour comprendre à quoi nous avons affaire. Car enfin, le diagnostic des psychologues qui qualifient le tueur de « pervers narcissique » semble faible, et je redoute que ces deux termes n'ajoutent à la satisfaction qu'il tire non seulement du crime commis mais aussi de sa préparation, de sa dissimulation, de ses mensonges…
En tant qu'initié, je ne puis me ranger à la naïveté des observations qui lui trouveront je ne sais quelle pathologie à dénomination savante.
Il existe d'autres forces actives dans le monde, elles portent un nom, bien connu de la Tradition. Elle ne relèvent point de la psychologie. Ni de la maladie. Mais de la conscience la plus aiguë agissant dans le mal. Ce mal auquel notre société ne croit pas, auquel nos thérapeutes de l'âme ne croient pas, persuadés qu'ils sont que tout s'explique par les relations de cause à effet. Le « mal » pourtant est là. En tant que tel. Actif plus que jamais. Avec ses officiants. Avec ses « grands prêtres ». Avec son « Seigneur » qui, de temps en temps, daigne en personne nous visiter sur terre, et répandre malheur, crime. Avec l'ambition de s'imposer, en niant la vie, en niant la vérité. En vue de se faire admirer, vénérer, reconnaitre comme le Prince de ce monde.
Je crains que le tueur de Maelys ne soit un de ses délégués, particulièrement dévoué.
Dans un prochain Blog, et si cela vous intéresse, je traiterai non de ce lamentable individu, qui ne mérite pas que son nom soit jamais prononcé, mais de l'entité dont il est le dévôt serviteur auquel il a vendu son humanité : Satan.

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Dans l'immédiat, je préfère partager avec vous une expérience de beauté. Un chef d'œuvre esthétique. J'en avais besoin pour me remettre des toutes ces violences. Il me fallait un message d'espoir, de l'humanité pour répondre à la monstruosité. Il me fallait de la vérité, du beau, de l'espérance. C'est pourquoi je vous propose de découvrir ce film indien : Black, de Sanjay Leela Bhansali.


Black

Film de Sanjay Leela Bhansali, 2005. Avec Amithab Bachchan, Rani Mukherji, Ayesha Kapur (Michelle petite), Shernaz Patel, Dhritiman Chaterji.

Scénario
Michelle Mac Nally est une fillette aveugle, sourde et muette. Son existence est plongée dans l’obscurité et le silence. Elle vit comme un enfant loup au cœur d’une famille de la haute bourgeoisie. Certes, une rage de vivre, une féroce volonté d’être habitent l’enfant mais ne disposant d’autre faculté communicative qu’un rapport instinctif et animal au monde, comment pourrait-elle jamais rejoindre la communauté des hommes ?
Désespérés, ses parents font appel au professeur Debraj Sahai qui accepte de prendre en charge son éducation. Sa première mission consiste à apprivoiser le fauve, lui restituer sa dignité humaine. Mais l’enseignant se heurte au cercle des mauvaises habitudes entourant son élève dont la plus tenace réside dans l’apitoiement de la mère et l’intransigeance d’un père qui n’entend rien à la pédagogie. Sahai n’accepte aucune interférence psychoaffective ; c’est avec rigueur qu’il entend former l’esprit de Michelle.
Un autre obstacle entrave les efforts de l’enseignant. En effet, comment peut-il arracher Michelle de sa condition d’acculturée, comment faire entrer la lumière dans la caverne ? Quel média serait assez puissant pour contacter l’aire cérébrale du langage et activer en elle ce qui distingue l’homme de l’animal ? Comment transmettre un message à un esprit si les mots, vecteurs de communication, ne peuvent être ni vus ni entendus ? La fillette, heureusement, dispose d’une extraordinaire perception sensorielle qui lui permet de sentir le moindre flocon de neige avant même qu’il n’effleure sa peau.
L’enseignant opte ainsi pour l’apprentissage par la méthode sensitive. Il rédige un véritable lexique qu’il communique à son élève par un langage de signes dont elle prend connaissance en touchant les doigts de son maître. Hélas, elle ne parvient pas à établir le lien unissant le signifiant au signifié. Les réalités qu’elle découvre restent détachées de toute intelligibilité. Le vocabulaire qu’elle intègre ne recoupe pas la perception qu’elle a du monde. Souffre-t-elle d’une aphasie, d’une lésion cérébrale ? Son aire du langage serait-elle altérée ?
Sahai, en dernier recours, lui impose un choc émotionnel. Michelle s’éveille de sa nuit. Une foudroyante décharge énergétique éclaire subitement son univers. Tout prend sens. Tout se met à vivre. Le langage des signes touche sa cible : l’aire cérébrale spécifique à l’espèce humaine qui fait de nous des êtres de culture frémit à l’appel du sens.
Prenant à cœur sa mission, Sahai accompagne son élève tout au long de sa scolarité. Il lui apprend à lire et à écrire le Braille. Il la fait admettre à l’université où il lui sert de traducteur. L’étudiante, cependant, échoue régulièrement aux examens de passage. C’est avec obstination que le professeur la pousse à ne jamais renoncer, à se relever après chaque défaite. Michelle s’accroche ; les lentes maturations de son esprit se résolvent par de prompts franchissements de seuils évolutifs. Elle passe un à un les obstacles et réussit à s’émanciper de sa nuit.
Le professeur Sahai, vieillissant, s’inquiète. Son élève, devenue une ravissante jeune femme, parviendra-t-elle jamais à vivre de manière indépendante ? La séparation se profile, d’autant que le vieux maître perçoit les premiers symptômes d’un Alzheimer. Sa mémoire s’amenuise. Ses facultés intellectuelles faiblissent. Le diagnostique de la médecine est sans appel, le vieil homme sombre dans une nuit irréversible. Michelle n’accepte pas cette revanche des ténèbres. Elle retourne auprès de son maître et, par le langage des signes qu’elle a appris de lui, tente de contourner les effets dévastateurs de la maladie. Elle rétablit un dialogue silencieux avec son professeur. Ensemble, ils ouvrent une fenêtre donnant sur la lumière du monde, chassant à jamais les forces obscures.

Analyse
L’Univers froid, sourd, sans lumière, patiente dans le vide intersidéral. Quel vecteur a bien pu pénétrer cette incommensurable masse inerte et lui donner vie? Quelle force a bien pu injecter son énergie dans la vacuité des ténèbres ? Qu’en disent les sciences ? Les astrophysiciens nous parlent d’un Big Bang, mais n’expliquent guère son origine. Touchent-ils à l'instant zéro de la création quand les conditions initiales leur restent cachées ? Avant 10-32 que se passait-il ? L’énigme reste totale et les approximations des astronomes ne résolvent aucun mystère. Mais que dirions-nous si la Bible avait raison quand elle affirme que le Verbe est à l’origine de la Création ? Que l’alphabet a la puissance de retracer les lois du Réel qui ont présidé à la Genèse du monde ? Et que nous, humains, sommes les partenaires d’un dialogue vivant avec cette réalité ?

Le film de Bhansali appuie cette thèse. Il démontre que c’est toujours par des mots que le réel commence. Que par la force d’une parole, l’existant surgit du néant. Dès lors Black apparaît comme une métaphore du processus créateur ayant initié le réel. Ce qui se passe dans un cerveau serait-il à l’image de ce processus ?
Tout au long de ce film, je n’ai pu m’empêcher de penser à deux ouvrages de Dominique Aubier. Le Principe du Langage ou l'Alphabet hébraïque et l’Ordre Cosmique. C’est à la lumière de ces deux livres que le film de Bhansali quitte l’orbite d’une dramaturgie cinématographique et devient intelligible au sens où l’histoire de Michelle reproduit celle de l’Univers surgissant du néant, celle de l’humanité s’extrayant de sa nuit.

Dans le film Black, bien qu’elle ne dispose ni du langage parlé, ni de la vue, ni de l’ouïe, Michelle n’en est pas moins membre à part entière de l’espèce humaine : elle appartient, comme tout un chacun, à la longue lignée phylogénétique des homo-sapiens qui réussit, il y a quelques centaines de milliers d’années, à s’arracher de l’opacité des temps sans parole. Ce qu’il lui manque, ce n’est pas le potentiel, mais l’accès au Principe du langage. Son maître commence par lui faire vivre l’expérience du réel par le toucher. En un second temps, et toujours par la ductilité des palpations, il lui inocule des mots qui, bien que non parlés, partent à la quête de la réalité qui leur est associée. Il s’appuie sur la certitude qu’il existe, comme le dit Dominique Aubier, un locuteur général qui justifie l’existence de nos facultés communicatives. Une langue universelle qui serait donnée d’emblée, localisée dans un lieu propice de l’anatomie cérébrale, une troisième zone du langage responsable du sens.[1]

Dans Le Principe du Langage, Dominique Aubier situe les lettres hébraïques dans la systémique du fonctionnement cérébral et procède à l’exploration de l’édifice conceptuel que compose l’Alphabet. Elle accède ainsi à l’essence de la parole, au Principe du Langage, fondateur d’humanité et de civilisation. Chaque lettre endosse une série d’archétypes, de lois universelles actives dans la réalité et participant à l’édification du réel.  
Le monde s’est-il crée sur ce schéma verbal ? Dans L’Ordre Cosmique, l’écrivain explique qu’un logiciel Universel, habité d’un système, est à la base de tout le Réel. Ce logiciel, traversé par l’énergie du langage, reproduit son principe d’origine : un cerveau parlant. L’Homme, créature terminale sur l’arbre phylogénétique, porte dans sa boîte crânienne l’organe qui restitue les données premières. L'Univers s’est donc développé selon des lois visibles dans le fonctionnement et l’anatomie cérébrale. Tout le secret se trouve dans notre petit encéphale humain doté de parole. Avec ses deux hémisphères spécialisés, son développement embryogénique en deux temps, sa formation et son fonctionnement, il restitue la donnée initiale. Sa structure duelle en gauche et droite est analogue au principe créateur. Partant de ces données, l’Ordre cosmique développe la thèse suivante : l'Univers où nous vivons n’est que l'hémisphère Qui Fait d’un méga-cerveau. Notre Univers, notre hémisphère, reçoit ses instructions de l'autre hémisphère, celui Qui Sait, qui parle mais ne fait pas. Selon la thèse biblique, le Cosmos est l’hémisphère Qui Fait d’un cerveau primordial dont le système actif reste sous la gouverne de son Créateur, donneur d’énergie. Et la Terre ?
La Terre est habitée par l’Homme, créature parlante surgie au terme d’une évolution qui avait pour but de constituer un être capable de nommer et de retrouver ce qui est à son origine. La présence de la parole caractérise la Terre. Elle est, pour le Cosmos, l’équivalent de la zone de phonation dans un cerveau… Elle est le point unique qui a été visé par l’énergie évolutive, l’aboutissement du Premier Echange Latéral entre le Qui Sait et le Qui Fait cosmiques. Elle est comme le premier neurone dans un cerveau touché par la fonction énergisante du Verbe. L’Homme doit comprendre de quoi est fait l’Univers, écrit Dominique Aubier. Il doit se comprendre lui-même, découvrir le sens de son existence, par une réflexion qui intègre la connaissance des lois du Réel. Et nous en sommes, aujourd’hui, à vivre cette sommation. L’Humanité doit assurer la captation du message dont elle est elle-même le produit. Elle possède le cerveau capable de parole et de conscience qui lui permet de récupérer la donnée initiale.

Un jour où il y avait de la neige
J’en étais là de mon analyse de ce film et je venais tout juste d’écrire cette phrase : elle possède le cerveau capable de parole et de conscience qui lui permet de récupérer la donnée initiale… quand, regardant par la fenêtre je m'aperçus qu' il s’était mis à neiger. Bah, me suis-je dit, qu’il neige dans le film et qu’il neige maintenant sur la Normandie à l’instant où je termine ce texte est une simple coïncidence. Un peu plus tard, je me suis rendu au village. Et voici que j’aperçois, à proximité de la Poste, — sous la neige — une femme qui marchait en tâtant avec une canne blanche. Sans doute mal ou non-voyante. Je ne sais pas trop quelle est la meilleure formule. Dire qu'elle était « non-voyante » suppose un a priori, car nous ne savons rien de ce que les gens voient ou ne voient pas, ni de quel organe ils usent pour « voir » le réel et ce qui se cache derrière le masque de ses apparences. Cette femme, je l’ai regardée un bon moment. Elle était plutôt habile avec sa canne et s'avançait sans hésitation. Elle venait vers moi. J’ai eu l’impression… qu'elle me voyait, ou du moins qu'elle avait détecté ma présence. Encore une coïncidence ? Hasard ? Je laisse aux naïfs cette croyance au hasard, alors que nous vivons dans un univers méticuleusement pensé. Pensé pour nous, par un Invisible qui fait de nous ses partenaires. C'est pourquoi je récuse la fameuse formule philosophique, fondatrice de la pensée linéaire rationaliste, qui prétend orgueilleusement par l'affirmation ostentatoire de l'ego « je pense donc je suis », alors que tout autour de nous prouve qu'au contraire nous n'existons que parce que nous sommes pensés par une puissance… qui nous pense. Et qui nous pense peut-être bien plus grands que nous ne le sommes. Je préfère donc dire : « Je suis pensé, donc je suis… en mesure de penser »… Reste qu'il me faut apprendre à recevoir cette pensée afin de m'approcher le plus possible du vrai. Qui m'apprendra à recevoir cette Parole ?

La neige, l'apparition de la « canne blanche » dans ma réalité alors que je venais de voir ce film… C'était de toute évidence un plan de cohérence dont il faut tirer la leçon.
Il m’a semblé indispensable de revenir sur le film et de préciser que l’œuvre de Leela Bhansali donne à voir cette prise de conscience de la donnée initiale. Il met en scène l’insufflation de l’énergie verbale par l’incessant échange latéral entre le maître et son élève qui, sans l’enseignement dispensé, sombrerait dans le néant. Ce film confirme et nomme ce qui est à l’origine du monde : une énergie qui lacère le néant de son vecteur verbal. Il démontre l’existence du locuteur général, la langue universelle donnée d’emblée, localisée dans un lieu propice de l’anatomie cérébrale : et si c’était la mission même du cinéma qu’ouvrir la salle obscure de nos esprits pour y projeter la révélation… du langage ?

Sanjay Bhansali est le réalisateur de l'admirable film Devdas et du non moins éblouissant Saawariya. Avec Black il hisse le cinéma indien au sommet du 7ième art. Le comédien Amithab Bacchan, dans le rôle du professeur Sanhai, maîtrise son jeu au point d’atteindre à l’interprétation fusionnelle. Rani Mukherji, dans le rôle de Michelle, bouleversante de sincérité, se glisse dans la peau d’un être dont elle explore l’univers intérieur. Pour en interpréter le rôle, elle a appris le langage des signes pendant de longues semaines. Elle fait sienne l’obscurité de sa nuit, mais également l’éclat de son jour recouvré. Quant au public, c'est-à-dire nous : saurons-nous voir l’interrogation métaphysique qui se pose dans la transparence de la métaphore : ne sommes-nous pas priés de renouer, comme Michelle, avec l’essence de l’humanité, d'intégrer l’alphabet nous liant avec l’absolu, afin de recevoir son message d'Amour ?


Exégèse initiatique du cinéma indien dans ces deux livres de Dominique Aubier : 

Dans quel univers vivons-nous : un univers où le Verbe est aux commandes ?
 
Film à voir (DVD) :


« La vie, qu’elle commence de l’utérus ou de la terre, commence son voyage avec l’obscurité et se termine dans l’obscurité. Un jour nous devons tous passer par cette obscurité et entrer dans la lumière. Un jour, il nous faut tous aller à travers l’obscurité vers… la lumière. »
  






[1] Dominique Aubier, la 23ième lettre de l’Alphabet hébreu.

mardi 6 février 2018

Les femmes dans la Tradition juive. Les Téphillines.

 Les femmes dans la Tradition hébraique. Les Téphillines et les femmes.


Dans un blog récent, j'ai parlé du rôle des femmes dans le processus de la révélation et la divulgation de la leçon initiatique. J'ai évoqué l'idée selon laquelle le messianisme serait œuvre féminine : cela a surpris pas mal. D'autant que dans les religions dites révélées, les femmes sont « prudemment » tenues à une certaine distance des responsabilités. J'ai parlé des femmes grâce à qui la transmission de la leçon ésotérique a réussi ; sans elles, la lignée des prophètes aurait sombré.


Je parle maintenant des femmes dans la Tradition hébraïque.
Certains commentateurs estiment que les femmes seraient vouées à porter le poids du péché commis par la première d'entre elles, à savoir Ève (Hava). Une sorte de malédiction les frapperait jusqu'à la fin de temps, jusqu'à ce que la rédemption universelle les en délivre. Raison pour laquelle les femmes, dans la Tradition, seraient privées du port des téphillines.

La Tradition talmudique, toujours ouverte au dialogue, prompte à la remise en question, au débat, fait que le judaïsme soit toujours en mouvement, j'allais dire « en marche ». Dès lors cette tradition me permettra-t-elle de ne pas partager le point de vue quelque peu revanchard de certains auteurs confinant les femmes à d'obscures soumissions devant les racheter une à une et collectivement d'une lointaine faute dont elles seraient analogiquement et par nature complices ?

Tout d'abord, rétablissons la vérité. Et on pourra le vérifier dans le texte de la Torah : la première femme n'est pas Ève : c'est Isha. Ève est le nom que l'homme lui donne après qu'elle ait commis l'erreur d'écouter le serpent. C'est un nom procédant d'une décision, d'un acte malencontreux privant l'humanité du Yod qu'elle aurait dû avoir. Ce Yod (valeur 10) devait reprendre et relancer la puissance de l'Aleph (valeur 1) qui se trouve dans Isha, la première femme. Hava en est privée. Je reviendrai en détail sur ce sujet Eve - Isha dans un prochain blog où je commenterai le passage de Genèse concernant Hava.

À mon sens — et je rejoins ici mon Maître — ce qui fut au commencement de l'erreur ressurgit à la fin du cycle porteur.
Nous vivons une époque où les erreurs initiales ont des répercussions mondiale. Les options de développement que nous désirons privilégier se posent dans les mêmes termes qu'au début du cycle Hava. Tentons-nous de retrouver un paradis terrestre, ou tirons-nous dans le sens de l'expulsion ?
La seconde expulsion pourrait bien se profiler, si par exemple la nucléarisation à outrance l'emporte. Une catastrophe dans ce domaine nous pend au bout du nez… Mais il existe d'autres dangers, comme les conflits inextricables au Moyen-Orient visant la destruction d'Israël. Sans parler des calamités naturelles qui se multiplient, et ce sont à mon sens des réponses de la Nature à nos exactions, autant d'avertissements que la Vie nous adresse, n'acceptant pas une nouvelle trahison. Il existe cependant un espoir, une sortie heureuse possible, car à la fin du cycle Hava, une correction majeure peut être appliquée, nous évitant le désastre.
De nombreux esprits ont maintenu les forces de vie dans un monde de violence et d'ignorance. Quelques initiés ont sauvé l'essentiel par la transmission de la leçon ésotérique. Le moment est venu où cette leçon, la transmission du Code, confinée dans la confidence, toujours brimée, toujours spoliée doit émerger et enfin se donner plus largement. L'esprit démocratique de notre temps est un signe indiquant la nécessité de ce partage… avec ceux et celles qui le veulent bien.


Les téphillines et les femmes dans la tradition juive.
Je disais plus haut que dans la tradition juive, les femmes ne portent pas les Téphillines תפילין. S'agit-il là d'une mesure visant à discriminer les femmes en ce qu'elles seraient coupables en raison de leur nature féminine liée à Ève ? Leur faute remonterait au « Péché d'Ève » ? Cette affirmation selon laquelle la tradition interdirait aux femmes le port des téphillines mérite une mise au point. Disons-le d'emblée : elle n'est pas conforme aux Écritures. En aucun cas, l'absence de Téphillines pour les femmes ne correspond à une sanction portée à leur encontre. Quant à Ève, puisque c'est toujours vers elle que se portent les regards accusateurs, c'est un sujet sur lequel je reviendrai. C'est un nom codé, c'est une manière d'être, de penser, et non pas le sort particulier d'une personne ou des femmes. C'est un cycle civilisateur et non pas « les femmes » qui sont en cause… (lire à ce sujet "Catalina").

Les femmes, donc, ne portent pas de Téphillines. Ce serait, selon certains commentateurs, une sorte de punition, de privation qui leur serait infligée. Ce point de vue répressif, très répandu, se fonde sur un a priori dont je n'ai pas trouvé le fondement doctrinal. J'ai vérifié dans le Zohar, ouvrage essentiel de la kabbale hébraïque. Les femmes ne sont pas mentionnées au chapitre des Téphillines. Il n'est question que des hommes : « de même l'homme doit se revêtir des phylactères en s'entourer le bras avec les lanières, afin que Dieu repose sur lui… » (Zohar op cit I, p. 710). Les femmes ne sont pas en cause. Elles n'y sont pas même mentionnées. Il faut donc, à mon sens, lire la phrase par défaut. Les hommes doivent porter les Téphillines afin que la bénédiction leur soit accordée. Tandis que les femmes restent à l'écart de cette obligation. Si les femmes ne portent pas les téphillines, ce n'est pas en raison d'une interdiction mais d'une dispense. Elles sont dispensées de cette obligation — presque une corvée — qui consiste, pour les hommes à se nouer les bandelettes de cuir autour du bras gauche et de fixer les phylactères de tête, leur rappelant précisément le chemin qui a du cœur, liant le cortex frontal au bras relié à l'organe coronarien.
Thèse confirmée par le Zohar, vol I, page 710 : « Au-dessus du phylactère du bras est le phylactère de la tête qui correspond au cerveau. »

Ce rituel est réservé aux israélites hommes, non comme un privilège, mais comme une forme de coercition symbolique destinée à rappeler à leur virilité la liaison corps-cerveau, le rapport Dedans-Dehors, Gauche et Droite actif dans la structure d'Absolu et la circulation de l'énergie. Les femmes sont dispensées et dégagées de porter ce symbole, précisément parce qu'étant femmes, elles sont par nature fondées à recevoir les forces vitales et à mettre au monde la vie. Elles sont prédisposées à être recevante d'information et émétrice de Vie. Nul besoin de le leur rappeler par un symbole attaché à leur corps. La dispense dont elles bénéficient est une distinction qui souligne le rôle capital de la féminité au service de la Vie et donc du processus révélatoire. Les femmes sont, par essence, par nature, engagées dans ce que l'initié amérindien Don Juan Matus appelait le « chemin qui a du cœur », el camino que tiene corazon. Les hommes quant à eux, doivent fournir un effort supplémentaire pour ne pas l'oublier, et se souvenir du lien organique entre le cœur et le cerveau.

Avoir du cœur signifie connaître le sens du mot LeB. S'écrit Lamed Beth. Enseigner, connaître la Structure d'Absolu. Nouer les phylactères de la tête, c'est nouer son bras gauche — celui côté cœur — à son cortex, porteur de la structure, et notamment à l'avant du front, sur les zones associatives, entre les yeux, c'est-à-dire entre les deux hémisphères à l'endroit du « corps calleux » qui se compose de milliards de fibres nerveuses unissant les hémisphères et par où circulent les influx entre les hémisphères Gauche et Droite. Ceci est confirmé par le Zohar qui indique, dans son style fleuri, que  « la sanctification vient  du côté des Lévites qui forment la colonne du milieu, qui unit la droite et la gauche, et qui est symbolisée par le nœud des phylactères de tête… » (Zohar I - 280, page 649 de la traduction de Jean de Pauly, éd. Maisonneuve et Larose, 1970).
Les Téphillines sont un rappel symbolique aux hautes fonctions cérébrales rappelant la nécessité de l'Union des Contraires, l'Union des Hémisphère Qui-Sait et Qui-Fait pour former l'Unité. Un seul des deux partenaires porte le symbole : les Hommes étant le symbole du Qui-Sait (Droite) car il importe que ce soit lui, en tant que Qui-Sait du couple, qui sache et se souvienne de l'action à mener, d'où l'allusion aux Lévites, les prêtres initiés. Les femmes, de leur côté… savent déjà tout et depuis toujours. Il n'y a pas à leur refaire la leçon sur ce que leur corps, prédisposé à donner la vie, leur enseigne déjà.
On trouvera une belle étude du sens des téphillines et des phylactères dans le livre "Réponse à Hitler".

Les femmes et le Shabbat
La Tradition hébraïque, par son rituel du Shabbat, montre que le rôle de la femme est d'apporter la lumière. Symbolisme dont il n'est pas certain que le sens ait toujours été bien compris par ceux-là (et celles) même qui le pratiquent. Il arrive en effet assez souvent qu'à l'intérieur d'une Tradition, ceux et celles qui la pratiquent en exécutent à la perfection et avec minutie l'ensemble des prescriptions sans qu'ils soient pour autant bien conscients du sens de chacun des gestes réalisés. On fait les choses, « parce que c'est écrit » et on se retrouve ensemble autour de l'exécution du rituel, de la célébration, dans un grand sentiment de communion qui rassemble tout un peuple autour d'un événement à commémorer. Tous les vendredi soir et samedi, c'est Shabbat. … A-t-on bien observé qu'à la fin de la célébration, ce sont les femmes qui apportent les bougies ?
Cela fait sens. Car rien, dans le Shabbat, n'est laissé au hasard.


 
Apporter les lumières est une prérogative féminine.

L'intervention des femmes a un rapport avec la lumière. C'est-à-dire que l'éclaircissement final est envisagé à la fin d'un cycle. Et en fin de cycle, (je parle du cycle civilisateur), lorsque le temps aura parcouru les 4 niveaux d'organisation du PaRDeS, lorsque le symbole en est à la fin de son parcours, c'est alors que l'entité féminine doit apporter l'élucidation terminale. Autrement dit : le messianisme explicatif est une œuvre résolument féminine : Rebecca, à la fin de la journée, puise l'eau de la fontaine pour l'offrir à Eliézer. 
Le rituel du Shabbat le dit. Ce Shabbat pratiqué chaque fin de semaine nous le rappelle. En fin de cycle, une femme est appelée à la manœuvre.
Qu'en disent les autres Traditions du monde ? Car je ne voudrais pas que l'on m'accuse d'être prosélyte dans la seule voie du judaïsme. Je regarde volontiers du côté de l'Islam — je veux parler de l'Islam des initiés, celui d'Ibn' Arabî, Mansur Al Hallaj. L'islam ne contrevient pas à cette loi, ayant développé toute une branche de sa théologie par la voie fatimide symbolisée par la descendance directe féminine (Fatimah) du prophète. Et les Amérindiens, pour qui j'ai la plus vive sympathie : les Sioux ont conçu un vaste répertoire  de rites, rituels et récits rendant hommage à la « femme bisonne blanche » devant apparaître à la fin du grand cycle civilisateur et qui expliquerait à la Nation indienne le sens de son destin.

 
Les femmes donc, à n'en pas douter, vont prendre en main le cycle civilisateur, renouant avec l'esprit de la vraie première femme, Isha dont le nom s'écrit
אשה : le système divin (Aleph) conduira l'action du Verbe (Schin)  construisant un édifice en Gauche et Droite (Hé) ouvert à l'avenir (ouverture du Hé). Une femme, dans la lignée d'Ischa, réalisera l'union signalée par la lettre Hé, l'union Connaissance et sciences, rétablira la pré-éminence de la Connaissance, et remettra la science à sa juste place. Ce travail est sans doute déjà fait. Il n'est que s'en informer, s'en instruire et y participer.


Lire à ce sujet :
L'Urgence du Sabbat. Explication du rituel shabbatique
Fatima la délivrance de l'Islam
Esther, la Délivrance d'Israel

Réponse à Hitler : les téphillines et l'Alliance
Catalina : pour comprendre Ève - Hava
La Synthèse des sciences : remettre la science à sa juste place…


Si vous désirez exprimer votre sentiment sur le sujet, n'hésitez pas à ajouter votre commentaire.
Je remercie les lecteurs qui reprennent ces enseignements de bien vouloir en mentionner les références.

Le site internet de mon Maître est ici.

lundi 29 janvier 2018

Mâle et Femelle furent créés à la fois. Commentaire de Genèse.

Mâle et Femelle furent créés à la fois.

1  De Genèse 1-27 à Genèse 2-21
J'aborde aujourd'hui la thématique Mâle et Femelle furent créés à la fois. C'est dans Genèse (1-27). Allons-y sans préambule. Ou alors lisons ce texte deux fois, de sorte que la première lecture servira de première instance à la seconde que vous ne manquerez pas de faire et ainsi, l'on aura réalisé un élégant Davar Schanoui, c'est-à-dire un « lire deux fois ». Un Redoublement où le « Bip » de la première lecture servira… de préambule.

Mâle et Femelle furent créés à la fois : on remarquera d'emblée qu'à Genèse 1-27, il n'est pas question d'une femme qui serait tirée d'un homme qui la précéderait. Mâle et femelle concerne ici l'humain seul, donc le concept de l'humain, créé à l'image du Créateur, en qui existent « en même temps » mâle et femelle. Droite et Gauche pour l'exprimer en terme de polarisation. « Qui - Sait » et « Qui - Fait » pour le dire en référence au modèle cortical. L'humain est doté — comme le Créateur ?— des deux hémisphères, simultanément, pendant le sixième jour. Je tire l'explication de ce passage du livre La Face cachée du Cerveau.
La fameuse côte d'Adam ne se situe pas Genèse 1-27 ; il n'en sera question qu'à Genèse 2-21, après le repos, après la pause du septième jour, donc dans un second cycle. La dualité intérieure hémisphérique conçue en Genèse 1-27 se reproduit alors à l'extérieur 2-21 et l'on assiste à la projection au-dehors de l'archétype : une femme (la gauche Qui -Fait) s'externalise par la projection de l'information (Qui-Sait) sur l'hémisphère d'En-Face. C'est le processus même de la Création qui est repris ici où le Qui - Sait invisible jette une information qui se métabolise sous l'aspect d'un Qui - Fait devenant l'Univers. Dès lors, le cosmos tout entier serait-il d'essence… féminine ? Et les femmes seraient-elles analogiquement plus particulièrement liées aux forces cosmiques matérialisantes ? Voir l'Ordre Cosmique

À Genèse 2-21, le « Qui - Fait » voit le jour suite à ce phénomène qui modélise un être issu de cet Échange latéral symbolisé par le « côté ». Cet être nouveau se nomme Isha, car tiré de Isch (Isch = homme, lui-même étant mâle et femelle). À Noter que cet être ne se nomme pas Ève… qui n'est donc pas, contrairement à ce qu'on imagine « la première femme ». En Genèse 2-21, la création de l'En-Face résulte d'un processus se déroulant dans le temps, pendant le « sommeil » du premier homme. Le temps exprime la mesure de cet échange latéral entre « Qui - Sait » et « Qui - fait ».

Il existe donc une différence entre mâle et femelle furent crées à la fois de Genèse 1-27 et le verset 2-21 où la femme ne semble pas apparaître simultanément, mais après un processus historique impliquant l'homme doté de sa propre dualité interne. Il recherche la présence extérieure conforme au schéma intérieur dont il est le porteur. Entre les deux versets, tout un processus évolutif se déroule sur 26 versets, et sans doute l'Éternel est à l'œuvre dont le nom Yod Hé Vav Hé vaut justement 26. C'est également la valeur numérique du mot « contrat » (Het Vav Zaïn Hé) qui semble s'exécuter entre les deux versets. Je remercie l'Invisible de me l'avoir fait observer en ce 27 janvier 2018.

Le texte mérite d'être scruté : en Genèse 1-27, Gauche et Droite sont conçus à la fois, selon la traduction du Grand Rabbin Zadoc Kahn : c'est-à-dire « en même temps » pour reprendre l'expression qu'affectionne l'actuel Président de la République française, monsieur Emmanuel Macron.
« À la fois » signifie simultanément, sans qu'il n'apparaisse de priorité. Le texte étant linéairement étalé sur la feuille, le rédacteur est obligé d'écrire un mot suivi d'un autre, donnant l'impression que mâle viendrait en premier. Si techniquement la chose était possible, il faudrait écrire simultanément les deux mots, l'un avec la main droite, l'autre avec la gauche, l'un sur et en l'autre, dans un enchevêtrement de lettres. Cela serait peu lisible, mais intelligible. En même temps : « deux informations qui se touchent et se frappent par contiguïté participent de la même évacuation de sens », écrit Dominique Aubier, parlant du « plan de cohérence ». Deux événements se produisant simultanément… ce que l'on appelle « synchronicité ». David Peat a écrit un livre saisissant sur le sujet. En réalité, le mot synchronicité n'est pas tout à fait juste, car il décrit l'observation synchrone de deux phénomènes distincts, ce qui, en soi, est neutre. Alors que l'expression judicieusement choisie par Dominique Aubier « plan de cohérence » induit la notion de plan où s'exprime la cohérence spatiotemporelle des événements liés par le sens.
Si mâle et femelle furent créés sur un plan de cohérence, cela signifie qu'ils sont liés par une vocation commune à l'intérieur d'une unité. C'est l'unité corticale des deux hémisphères à l'intérieur du Cortex : organe mentionné dès le premier verset de la Torah dans le mot Berechit. Je ne reviens pas ici sur l'exégèse de ce mot largement déployée dans l'Ordre cosmique.

À Genèse 2-21, les deux polarités appelées homme et femme, Isch et Ischa, sont dotées chacune d'un corps. Le couple se compose de deux êtres à part entière, unités organiques liées par les échanges latéraux créant l'Histoire. Ici commencent les faits humains, l'existence sociale… et ses complications qui ne tardent pas à survenir par l'apparition, dès le premier mot de Genèse 3-1, d'un troisième protagoniste, s'appelant Nahasch, cherchant à briser l'unité : or « le serpent était rusé… ». Hava (« Ève » ) se profile… Je parlerai de Eve dans un prochain blog et je tenterai d'instruire cette affaire du mystérieux « péché » qu'elle aurait commis et qui lui vaut ce nom. En attendant, je compte…

2 Je compte sur les femmes…
Dans un blog précédent, j'ai parlé du rôle des femmes dans le processus de la Révélation.
Je n'ai pas dit que je comptais sur Hava (Ève)… Mais plutôt sur Ischa, car c'est elle, la vraie première femme et non pas Ève dont le nom n'apparaît qu'après la faute. L'énergie initiale de Ischa, dont le retour devrait marquer l'ouverture du nouveau cycle civilisateur. J'écris dans ce texte que je compte sur les femmes pour faire avancer la vérité vers ses formes résolutoires les plus abouties, donc les plus éclairantes à notre intelligence. Je fais appel aux femmes, mais cela n'élimine en rien les hommes, s'agissant justement de faire appel en eux à la part de féminité fort brimée qui existe en eux à la fois.

J'ai souligné qu'il existait, dans la tradition hébraïque, des femmes qui avaient puissamment travaillé à la transmission du message, et j'ai mentionné Rebecca, puisant l'eau du puits, symbole de la Connaissance qu'elle redistribuait : parfaitement instruite de la teneur de la leçon initiatique, non seulement elle puise l'eau mais la redonne. Elle est donc une enseignante de la leçon abrahamique et n'hésite pas à la partager à qui la demande.
J'ai écrit un livre sur une autre femme remarquable : Esther, dont on connaît le rôle qu'elle a joué dans le sauvetage de son peuple à qui elle a évité l'extermination sous le règne d'Assuérus. Qu'il me soit permis de mentionner ici, dans une autre tradition non moins prestigieuse, une femme qui aura éclairé son temps et emporté l'adhésion politique pour mener un projet salvateur : Jeanne d'Arc, héroïne initiée dont il n'est pas certain que l'on  ait pleinement compris la mission intimement liée à la vocation de son pays. L'inspection des historiens a certes sondé les archives mais comme le dit fort à propos le théologien Joseph Ratzinger (Benoît XVI) « les documents ne reflètent la profondeur de la réalité humaine que de façon insuffisante et ils la voilent même très souvent…» (cf Foi chrétienne d'hier et d'aujourd'hui, éd. Cerf, p. 127).

3 Les femmes subissent des discriminations étonnantes.
Tout le monde le sait, tout le monde en parle. Un changement serait-il en cours ? Une mobilisation collective semble commencer à faire infléchir cette coercition opprimant les femmes, mais disparaîtra-t-elle tant que le cycle Hava ne sera pas achevé ?
Cette oppression vise-t-elle à blesser, au-delà des personnes, ce que la féminité représente, à savoir la moitié de l'humanité ?  Que cherche-t-on à atteindre lorsque la femme est mise au pilori ? La moitié née « en même temps » ? La partie féminine à l'intérieur de l'homme ? L'intention est-elle de tuer Isha, détentrice des forces de vie ? Dans le judaïsme (éclairé) : il semblerait qu'une tradition bien établie (Maharal de Prague) estime que la sortie messianique devrait s'opérer du côté de la féminité. Dès lors toute atteinte à la féminité ne constitue-t-elle pas une lacération infligée au projet messianique ?
Mon Maître m'en avait parlé en ces termes : si une « femme » (traduire : une pensée de type Qui-Fait) est à l'origine du « péché » ayant chassé l'humanité du Paradis terrestre, alors une autre femme, en retour archigénique procédera à la réparation (tikoun) qui consistera précisément à apporter une explication d'Ève (Hava). Elle dégagera le Code des lois du réel, afin de retrouver l'énergie initiale portée par le Aleph de Isha, la première femme, avant Hava. Cette réparation s'opère au moins par trois archétypes : 
— 1. la notion de cycles ;
— 2. le retour archigénique — la fin s'inscrit dans le commencement ;
— 3. la dualité partenariale réciproque entre Droite et Gauche à l'intérieur d'une structure.
Cette « réparation » que le kabbaliste Louria appela « tikoun » consiste selon lui à rassembler  « les étincelles » dispersées : retrouver l'Unité fondamentale de l'humanité autour de l'Unique Parole, par delà la diversité. Il s'agit donc d'un phénomène culturel d'ampleur universelle, d'une mise au point décisive clôturant une situation. Cette « réparation » consiste à favoriser la « sortie » du message hors de l'enclos hébraïque pour se livrer à tous, conformément au verset d'exode « nous étions tous au Sinaï ». Cette « sortie » s'effectue selon le schéma créateur de Genèse 2-21 et suppose l'intervention d'un En-Face, suite à un Échange Latéral. La « sortie messianique » met en cause la porte occidentale ; elle suit la trajectoire fonctionnelle du Verbe. L'anatomie cérébrale en témoigne : le langage est pris en charge par deux aires distinctes, Wernicke et Broca. L'aire de Broca permet l'expression de la parole vers le dehors, tandis que l'aire de Wernicke en assume le sens. La zone de Broca rend publique ce qui jusque là demeurait confiné au seul territoire de l'aire de Wernicke, réceptrice du sens. L'aire cérébrale de Broca désignerait par analogie le territoire où la Connaissance, sous sa forme exégétique, devrait s'exprimer. C'est là que serait mise au monde, extériorisée (vocation féminine ?) et divulguée l'explication du trésor qui jusqu'alors était préservé dans un repli.


4 « Va, unis-toi à une femme prostituée » Osée (1, 2).
Lors d'une discussion dans un groupe de réflexion auquel j'ai été récemment convié, plusieurs participantes s'interrogeaient au sujet d'une figure controversée dans le christianisme. Il s'agissait de Marie-Madeleine dont la légende raconte qu'elle serait venue jusqu'en France pour évangéliser. Sans être un spécialiste de cette question, je me suis demandé si Marie-Madeleine, femme adultère accompagnant le Christ, ne représentait pas la voie féminine conductrice de la divulgation. Noli me tangere (ne me touche pas) lui dit son Maître, mais il semblerait bien que lui l'ait touchée, au sens le plus noble du terme, s'agissant de toucher l'esprit et l'intelligence d'un être. Je pense que Christ aura considéré la situation personnelle de cette femme en la sauvant de justesse de la lapidation, mais il aura surtout apprécié la symbolique du signe, sachant, comme tout initié, que la vie vient à nous, par les événements portés par les informations codées. Il aura reconnu la situation icônique dessinée par cette femme — ne soyons pas bégueules : c'était une prostituée — et il y aura repéré immédiatement un message concernant sa prophétie : elle sortirait « au dehors » du cadre révélatoire initial pour se donner et se répandre, comme un train d'onde, aux autres peuples.
Le caractère adultérin ne lui aura pas échappé et en expert de la lecture des signes, il en aura déduit bien des choses dans le secret de sa lumineuse connaissance et préhension de l'immédiat. En aura-t-il déduit qu'en effet la Connaissance dont il était l'un des éclaireurs avancés — acteur du messianisme à n'en pas douter — serait confiée un jour à quelque femme qui, par sa mise au clair exégétique, permettrait à l'humanité entière de « coucher » avec elle ? Et qu'elle ramasserait, en remerciements, une volée de pierres tirées par les tenants de la morale, et au premier chef ceux-là même qui auraient profité d'elle ?

La mythologique sainteté des Prostituées trouverait là son explication. Cela expliquerait également l'attitude souvent critiquée mais ontologiquement juste de certains personnages bibliques, comme Juda s'unissant à Tamar qui se fit passer pour une prostituée. Les rabbins honorent Tamar, décrite comme étant belle, droite, symbole de la percée de la vie. C’est pourtant elle qui prend l’initiative au moyen d'une supercherie en dressant son embuscade de charmes pour piéger Juda… dont elle connaissait les habitudes sexuelles déplorables. Juda qui semblait se conformer aux paroles du prophète Osée (1, 2) : « Va, unis-toi à une femme prostituée ».
Tamar était Cananéenne, hors du champ hébraïque, et son intervention tire effectivement le projet divin hors de l'enlisement qui menaçait la conduction de la Connaissance. De nombreux rabbins acceptent de considérer que Juda, épousant la cananéenne, opérait symboliquement une union avec la « famille des Nations » dans une perspective messianique d’Union des Contraires, donc en association avec un partenaire hors du champ israélite. En épousant une étrangère, Juda tente de fonder une branche, une descendance. Il échoue mais sa tentative ne s’inscrit pas moins en une première instance cyclique d'ordre informative. La seconde instance, celle du messianisme, procédera de la même dynamique de l'union des contraires, avec un élément culturel extérieur au fief hébreu. D'où le « scandale » propre au messianisme… et la lapidation par les ignorants.

Que ce soit avec Ruth, Esther, Tamar, l'intervention féminine, plus d'une fois, remet la Connaissance sur les voies civilisatrices et cela au mépris de la « bien pensence » moralisatrice : Esther se voit devenir l'épouse d'un horrible dictateur sanguinaire, Tamar se dissimule et se fait passer pour une trainée… (de plus amples explications se trouvent dans le livre Jean Racine, kabbaliste au service du Roi, éd. Peleman, où j'ai consacré un chapitre à ces femmes dévouées au service de la cause de l'Esprit).

5 Le « péché » d'Ève.
Ève a accouché plus d'une fois. Elle est la « mère de tous les vivants » indique le texte biblique. Ce n'est pas vraiment un compliment, car le sous-entendu est assez bruissant : elle reçoit ce nom (de la part d'Adam) suite à sa défaillance et elle est la première personne, dans la Bible, dont le nom soit modifié suite à un acte. Modifié par la confiscation d'une lettre : en effet, si au début elle s'appelle Ischa, joliment revêtue d'un Aleph d'énergie, elle devient une Hava dépourvue du Yod qui aurait dû reprendre l'Aleph en seconde instance. Elle serait « mère de tous les vivants » mais point porteuse de vie. Elle est mère de ceux qui vivent dans ce cycle qui a commencé par sa propre erreur. Et ce cycle est tout sauf vivant, puisqu'il a été ouvert par une Hava qui ne possède, dans son nom, ni Aleph, ni Yod.
Cette confiscation du Yod est-elle définitive ? Elle durera tant que persistera le cycle de Hava. Or l'archétype du « retour archigénique » — l'Éternel Retour, largement appuyé par les sciences (cf les travaux du prof. Gaussen, traité de Biologie, cité dans La Face cachée du Cerveau, vol II p. 234) — précise que les informations induites en début de tout cycle réapparaissent à sa fin. En conséquence, à la fin de ce cycle, réapparaîtront les conditions initiales de l'erreur, avec possibilité, à nouveau, de choisir entre deux voies évolutives. L'erreur, à cet instant, pourra être réparée, dès lors que la civilisation optera pour la Connaissance en lieu et place de l'idéologie purement matérialiste et son corolaire, l'idolâtrie financière.

Une femme (en retour archigénique) apparaîtra dont le « travail » consistera à mettre au monde l'outil permettant de réparer l'erreur.
Sur la gauche, et contre elle, toutes les forces de Hava et le venin du serpent continuant d'agir ; le poids de l'inertie des forces issues de l'erreur ; la volonté de ceux qui désirent persister dans la voie fatale. Elle rencontrera également l'obstacle que construisent ceux qui pressentent le changement et qui, pour l'empêcher, édifient une pseudo-initiation détournant les esprits de la voie messianique pour les orienter vers des palliatifs tirés du système qu'ils prétendent combattre. Ce sont les Amaleq des temps modernes, fort inspirés, ayant une connaissance élaborée de ce qu'ils doivent empêcher. Leurs techniques de séductions font des ravages et envoient quantité d'esprits dans des impasses, bernant le monde par leur langage édulcoré, se protégeant de toute critique sous couvert d'un humanisme dévoyé.
Sur la droite, et pour elle, le travail d'une vie, la modestie des moyens sociaux. La mise au clair des symboles, l'exégèse du Code des Archétypes, l'exposition et l'explication de l'Alphabet fondateur. Et peut-être quelques lecteurs soutenant sa cause.


6 Je redoute la puissance des forces obstaculaire 
et je ne sais trop comment faire pour les circonvenir ou les écarter. Faut-il dénoncer tel Amaleq ayant pignon sur rue ? À quoi sert-il de pointer tel gentil écrivain-philosophe s'estimant superviseur du monde des religions quand il exploite en réalité un filon éditorial et médiatique considérable tout en maintenant à distance la véritable mise au point qui ruinerait son propre succès ?
La Connaissance subit des retards, trop d'esprits bienveillants mais indécis s'égarent dans les diverticules touristiques d'une connaissance inaboutie organisés par des entreprises commerciales gérées par d'astucieux hommes d'affaires ayant saisi tout l'intérêt de ce créneau.
C'est pourquoi je me résous… à garder le silence quand on me chante les louanges de tel séducteur prétendant éclairer le noir d'une pièce dont il éteint lui-même la chandelle. Bah ! Qu'irais-je « dénoncer ». Que chacun se nourrisse là où la cuisine lui semble bonne, selon son appétit, selon l'idée et le respect qu'il a de lui-même.
Je rejoins Spinoza — davantage kabbaliste que philosophe — en disant que la Connaissance suit son chemin et que la Vérité finit pas s'imposer par elle-même. Je crois que la lutte est inutile et qu'à affronter ces puissances, on les augmente. Je crois aussi qu'on ne peut rien dire à personne (et selon mon expérience, c'est tout juste si l'on parvient à se dire quelque chose… à soi-même). Je garde en mémoire la leçon de mon Maître : gardez-vous de critiquer, car « tout homme garde son bol sur sa tête, sans permettre qu'on le lui casse ou remplace ». (citation dans Don Quichotte, le Prodigieux secours… p. 388.)

7 Puisque je viens de la citer, je reviens à ce travail de femme.
On appelle « travail » l'effort des femmes en état d'accoucher. C'est vrai organiquement. C'est vrai culturellement : la Tradition attend, espère la venue d'un « dévoilement » qui raviverait les braises de l'ardeur intellectuelle, une sorte de modification climatique des intelligences sous le soleil d'une nouvelle brillance initiatique. Ce qui est attendu et même annoncé, c'est la mise au monde de la « grande exégèse ». ce que le poète allemand Christian Morgenstern décrivait en ces termes :
« Vois la nuit au présage heureux…
Tu vaincras l'espace après qu'une exégèse du monde
Nous libérera du grand sommeil ».

Cette « grande exégèse » serait confiée, selon de nombreuses traditions à l'entité féminine. Les Amérindiens ont développé la thématique de la « femme bisonne blanche » incarnant la responsable du dévoilement. La responsable de ce projet serait blanche (occidentale), femme, et bisonne (animal désignant la structure d'absolu dont elle donnerait l'identité). Le judaïsme appelle cela : le messianisme. L'Islam l'appelle « la parousie du Mahdî » qui naîtrait, selon les chîîtes, de la descendance de Fatimah, la fille du prophète.
Ce messianisme résolutoire serait œuvre féminine. Ce serait une délivrance suite à une union avec le partenaire porteur de l'information d'origine.

Si Israël est le receveur du Verbe, qui serait le partenaire d'en-Face, apte à métaboliser les choses, à les exposer, à leur donner le contour efficace le plus démontré ? Serait-ce l'Occident ? N'est-ce pas devant le mur occidental, nommé HaKotel, le mur des Lamentations, vestige du Temple, que s'effectuent les prières à Jérusalem ? L'Occident est désigné, mais aussi la ruine : en fin de cycle, la civilisation sera-t-elle réduite à être, comme Adam et Hava à l'issue de la faute, couverte de « tuniques de peaux » (Gen. 3-21) ? Ce mur représente le « mur du Temps » devant lequel il faut bouger, raison pour laquelle le priant bouge en oscillant son corps pendant son oraison. Bouger devant le mur, et voir ce qu'est ce mur recevant les espérances… messianiques devant surgir d'Occident.
Le messianisme serait-il l'œuvre d'une femme occidentale ? La tradition amérindienne (voir les ouvrages de Hehaka Sapa) et le judaïsme se rejoignent pleinement sur ce point dont on peut apprécier combien toutes deux parviennent à désigner le même sous des représentations symboliques différentes.
Qui est cette femme occidentale ? Qui est « Bisonne blanche » ?
« Je laisse ouverte la question quand bien même la réponse en soit déjà connue ».


Dans le prochain Blog, je parlerai des femmes dans la Tradition juive.
Il sera question des téphillines et pourquoi les femmes ne les portent pas. Je parlerai aussi du rôle des femmes dans le Shabbat et du sens de leurs gestes.

Si vous désirez exprimer votre sentiment sur le sujet, n'hésitez pas à ajouter votre commentaire.
Je remercie les lecteurs qui reprennent ces enseignements de bien vouloir en mentionner les références.

Le site internet de mon Maître est ici.